lundi, 27 mars 2006

article de presse

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mardi, 28 février 2006

Epilogue

Aéroport de Tana, lundi 20 Fév, 7h du mat.

L'oiseau sur lequel je vais grimper va bientôt s'envoler vers la France , après une escale sur l'ïle de la réunion.

Mon sac est rempli de toutes les belles rencontres qui ont jallonnées ce séjour, d'un amoncellement de souvenirs heureux, de sourires, de quelques cocotiers, de 30 degrés centigrades, et pour coiffer le tout, comme une cerise sur un gâteau, j'ai déposé les baisers sucrés - parfum vanille- de Myriam, mélangés d'une promesse de retour.

Après Lotus et Orchidée, de nouvelles fleurs restent à planter. Elles viendront fleurir un peu plus le village Lumière.
J'aime penser qu'à l'image du lotus, cette plante qui prend racine dans la vase, traverse l'eau, avant d'éclore à la lumière, les bénéficiaires des maisons construites lors de ces dernières semaines, aient cette même détermination, cette force intérieure les tirant vers le haut, traversant avec courage les épreuves de la vie, pour enfin sortir la tête hors de l'eau.

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Les maisons Lotus et Orchidée, les deux premières fleurs du village lumière

L'association Rayons de lumière va continuer son action auprès des plus défavorisés en réalisant des projets à dimension humaine, comme ceux réalisés ces dernières semaines:

- Goûter de Noel pour 300 enfants d'une école d'un quartier défavorisé, achat de 300 cahiers, 300 stylos, et petits jouets. Sans oublier le gâteau.

- Construction de 2 cases en matériaux traditionnels, avec véranda, coin cuisine exterieur, latrine, équipées de matelas , moustiquaires, marmitte, vaisselle, nattes.

- Creusage d'un puit

- Achat de fournitures scolaires

- Achat de tissu, fil, boutons pour la confection de tabliers pour l'école

- Achat de tissu, fils, pour réaliser des broderies vendues ensuite au marché

- Achat d'un machine pour faire les pâtes, en vue de vendre au marché

- nourriture

- Divers médicaments

- Achat d'un machine à coudre au bénéfice d'un groupement de femmes.

- Semences

- Achats de canards en vue d'un petit élevage

- Financement de 2 autres cases supplémentaires dont la construction est supervisée par le père Eymeric, prêtre français installé à Vohipeno.
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Madame N'Lisette(ici à gauche, en compagnie de sa fille et petite fille) va bénéficier d'une de ces 2 nouvelles cases en construction.


* Je glisse quelques photos fraîchement recueillies (d'autres sont à venir), dans les notes correspondantes.

A peine rentré, je dois déja penser au voyage suivant qui pointe le bout de son nez.
Nouveau départ pour Septembre 06 pour une longue expédition. Ce sera une toute autre aventure, puisque cette fois-ci mes pas me conduiront (je l'espère) d'Egypte (Mont Sinaî) à St Jacques de Compostelle.
Un raid pédestre d'environ 7000 km à travers un itinéraire hautement chargé d'histoire.
Dix mois de marche solitaire et de nouvelles aventures et rencontres en perspective, qui feront l'objet d'un nouveau récit.

Merci à toutes celles et ceux qui ont suivis mon aventure en terre malgache.
Merci également, au nom des bénéficiaires, des nombreuses commandes de mon livre "Chacun sa route" (à tel point que le premier tirage est sur le point d'être épuisé!)

A bientôt, Veloma !
Philippe

jeudi, 16 février 2006

Je prépare le sac

Un dernier petit mot depuis Tana avant mon retour en France avancé au lundi 20.
la note suivante viendra donc depuis là-bas, avec quelques infos supplémentaires, et ..petits veinards, bon nombre de photos pour illustrer enfin mes articles. Celles pour lesquelles vous avez tant râler durant 3 mois , en marmonant: "Mais pourquoi donc n'a t-il pas d'appareil photo numérique!!"
a bientôt, le vazaha.

mardi, 14 février 2006

retour à Tana

Flash back:

9 Février au matin

La pluie est tombée dans la nuit. Fortement. Je me disais: Au moins cette eau ne tombera pas demain! (c'est mon côté optimiste!). Le grand jour est arrivé. C'est la remise des clées des 2 maisons. Une trentaine de personnes sont invitées, les boissons et petits gâteaux sont prêts. Le site a été bien nettoyé hier.
7h: il pleut. ...c'est toujours ça en moins!
7h30:idem....les nuages se vident , c'est bon!
8h :idem ...bon , c'est bien..mais ça suffit
8h15 : je décide de partir sous la pluie avec ma brouette pour aller chez le chinois WA WA chercher les bouteilles que j'ai commandé hier. Sodas ("boissons hygièniques" comme on appelle ici) pour les uns, whisky-rhum (boissons alcooliques!) pour les autres! le chef de district ne rechigne pas sur l'alcool de feu parait-il!
8h45 : J'ai poussé ma brouette jusqu'au maisons. Les invités arrivent. Et....si je vous dis , qu'un rayon de lumière perce les nuages, vous allez dire que j'en rajoute. Eh bien non. Grand soleil de 8h45 à 11h, après le départ de tout le monde! Ca paie l'optimisme!

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Avec N'Dria et Hercule
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Avec Odile et Anita
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La famille de N'Dria dans l'ancienne "maison"
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Aménagement de Odile et N'Dria dans leurs nouvelles maisons
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Soeurs Marie-Paule et Josiane

Discours. Rien que de belles paroles pour inaugurer ce bel endroit, ce "village lumière"(village hazavana) . Remerciements des soeurs.
J'ai expliqué à mon tour le but de l'association, et remercier chacun des participants, pour ce beau travail.
Il s'est passé quelque chose de beau durant ces quelques semaines. Un réel échange humain. "Echange" est bien le mot qui convient. J'ai appris beaucoup sur la vie malgache, rencontré beaucoup de gens, j'ai laissé mes savates à la porte de beaucoup de cases, et eu l'honneur d'être invité à l'intérieur, partageant un coin de natte, une noix de coco, un peu de miel. Malgré mon vocabulaire très(trop) limité le contact fut etabli.
Si j'ai appris, j'espère aussi avoir apporté une image d'un vazaha un peu différente. Même si un visage pâle restera ici un bête curieuse encore pour quelques lustres.
2 choses ont permit , je crois, de créer ce contact quelque peu différent.
Premièrement, je suis resté longtemps, et ensuite, et surtout, j'ai mis "la main à la pâte". Voir bosser un vazaha, comme un malgache, restera dans les mémoires. J'ai pioché, mouillé la chemise, peiné moi aussi, comme Momo et Alphonse. J'ai défoncé ce talus avec eux, porté les longues poutres sur l'épaule, et toutes autres manutentions,
et suis rentré plus que de coutumes à la maison plus sale qu'un charbonnier, en traversant le marché, qui quelques instants, marquait un temps d'arrêt!
La confiance est alors passée, la bonne ambiance a régnée, et ce fut un réel bonheur. Un échange humain.

J'ai remis les clées de leurs nouvelles maisons à N'Dria et Odile qui ont occuppé les lieux le jour même. Hercule, le fils de N'Dria a eu du mal a fermer l'oeil.
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Hercule, à droite

Un puit provisoire a été creusé. Pas assez profond, mais sera agrandi en saison sèche et bâti alors en dur.
Latrines et douche à proximité.
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Puit

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Latrines..sur le palier!

Mais le clou, du moins pour les enfants, ce n'est pas les maisons, c'est....la balançoire!
Deux cordes, une planche, et un sourire éclaire le visage d'un enfant.
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Le vazaha est parti le vendredi matin, avec un sac supplémentaire sur l'épaule, rempli de noix de coco, d'un jacquier, de bananes et de mangues vertes.

....et après 17 h de taxi-brousse, c'est le retour à la capitale. Une ville!!!!!!!!!!!!!!!

Embouteillages de taxi 4L et de 2CV.
J'ai pû ouvrir ma boîte aux lettres VOILA restée inviolée depuis fin décembre. 378 messages m'y attendaient!

Et déja , le retour au bercail se profile à l'horizon, certainement quelques jours plus tôt pour cause familiale.

J'ai retrouvé Myriam. Nous partageons pour quelques jours le bonheur de se retrouver ensemble, vivons l'instant présent, égrenons les souvenirs...
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En compagnie de Myriam à Manakara
Que d'émotions durant ces 3 petits mois!

jeudi, 02 février 2006

La fin est proche

Derniers coups de marteau. L'inauguration des 2 maisons est prévue pour le mercredi 8 fev à 9h du matin.
Environ 25 personnes sont prévues pour la petite fête, les huiles locales, qui n'ont rien fait!, et surtout tous les ouvriers..qui ont tout fait.
Moins d'un mois pour la construction..je trouve que c'est pas mal du tout, si on enlève les jours de pluies.

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L'équipe des charpentiers avec, de gauche à droite, Honoré, Odon, Patrice, et Dauphin
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Avec les manoeuvres Momo et Alphonse
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Dernière virée en ville avant de prendre le taxi-brousse pour Tana, le jeudi 9. Arrivée à Tana le vendredi matin.

Les maisons ont fière allure. Elles ont pour noms: "Lotus" pour le première , et "Orchidée"
pour la seconde.
Premières pièces du "Village Lumière".
Reste à faire la petite partie cuisine à l'extérieur, les latrines et finir le puit provisoire.
Un grand moment en perspective cette première remise de clées.

Tous les détails à venir prochainement et dés mon retour en France (le 27 fév) toutes les photos.

jeudi, 26 janvier 2006

Tradition malgache

C'est un jeune poulet offert en sacrifice qui fit les frais de la tradition (à mon regert!).
Je lui ai tout de même caresser la crête avant qu'il ne soit mis sur l'autel des Dieux. Je ne suis pas pour ce genre de traditions, mais je me console en pensant que de toute manière il aurait eu sous peu la gorge percée par une lame avant d'aller dans la marmitte.
Benaï a tué le poulet, mais c'est Patrice qui fut le maître de cérémonie, dispersant le sang mélangé d'eau pure en différentes directions, accompagné d'incantations. Un peu de rhum versé par-ci par-là pour satisfaire les esprits, puis les ouvriers, et les travaux purent commencer.

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Patrice en maître de cérémonie
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Un peu de rhum à droite et à gauche
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Et le travail peut commencer

Lundi 23

Les deux cases sont à présent couvertes et les bâtons posés sur les solives, prêts à recevoir le plancher en rapaka.
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Tressage des paroies en falafa
La saison des pluies n'est evidemment pas la meilleure saison pour la construction, mais faut faire avec.
Le creusage définitif du puit est remis à une date ultérieure, en saison sèche. Un puits provisoire à l'endroit même devrait permettre aux familles d'avoir de l'eau, en attendant mieux.
Ce matin au marché, j'ai acheté différentes choses pour equiper les deux maisons. Seaux, bassines, savons, housses locales pour fabriquer des matelas remplis de mousse récoltée en forêt. Trois moustiquaires seront achetées prochainement. Une famille éloigné du bourg d'environ de 5 km, chez qui j'ai fais précedemment une visite, va bénéficier également de quelques petites choses pour améliorer le quotidien.
La moustiquaire va certainement leur apporter un grand bien être. 5 km de marche aller et autant au retour. Le chemin est bon au début mais ensuite il faut patauger dans la rizière, puis traverser en pirogue, puis repatauger avant d'arriver à la case familiale. Leur petite Laricia, d'une dizaine d'année, fait le chemin tous les jours pour venir à l'école.
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Ce matin,comme les enfants de Delphine, la fille de N'dria, elle a eu un sourire aux lèvres en enfilant une paire de claquettes plastique.
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Madagascar, vers quoi sombres-tu?

Pays en voie de développement ou en chute libre?
Tout semble figé, gangrené par le système corrompu...par tradition.
Les présidents passent, se remplissent les poches et le peuple les vident. Ce ne sont pas quelques cabines téléphoniques ni la téléphonie mobile orange qui masqueront l'importance du problème. Comment élever le niveau de vie, lorsque l'économie semble tourner autour du gobelet de riz qutidien à 259 ariary?
Pouvoir d'achat proche de zéro, et guère d'initiatives personnelles, communautaires pour faire bouger les choses.

Jeudi 26

Je suis en "ville" à Manakara pour ma virée hebdomadaire. C'est une sortie qui me fait du bien.
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La liaison internet est lente et très chère , mais me permet d'avoir des nouvelles. C'est capital pour le moral!
Comme d'hab, je vais en profiter pour faire des achats, et mettre tout ça dans la caisse en bois, ficellée sur la Hongda. J'y mettrai pots de peinture, moustiquaires, et pots de yaourt pour toute la famille. Ah...ne pas oublier une corde de 7m pour faire une balançoire près des cases!

Ce matin, à Vohipeno, le puits construit par l'association des Volontaires du Progrès a enfin été mis en service. Un très beau puit, fontionnel, tout propre, terminé depuis plusieurs mois, qui illustre bien à lui seul la situation citée plus haut.
- La seule condition pour ouvrir le puits était que les habitants riverains et utilisateurs nettoient le fossé(environ 100m et 2h de travail pour un homme) afin que l'eaus'écoule bien et ne stagne pas aux abords, porte d'entrée egalement de l'école. Plusieurs visites au maire (létargique) , palabresdans le vide.
La réunion d'hier a dû faire avancer les choses puisque c'est déja la queue et le ballet de seaux en plastique multicolores. Le fossé est propre(pour combien de temps?)

jeudi, 19 janvier 2006

Chez le chinois...

Tout se passe chez le chinois!
Celui de Vohipeno a la main mise sur l'économie locale.Il trône derrière son tiroir-caisse, un oeil sur la calculette et l'autre vers un client. Il est gros comme un petit bouddha, mais je doute qu'il suive les préceptes de détachement du prince Gautama!
Sa boutique est une caverne d'Ali Baba. On trouve tout chez le chinois. Du clou à la bouteille de rhum, des matériaux à l'essence. Mais mieux vaut faire le plein à Manakara, car ici les 5 litres ne font que...4,5 litres! Problème d'évaporation?? Les prix eux suivent la courbe inverse! Les mécontents peuvent aller voir en chine , si Mr Chi Chine (c'est son nom) y est!
Son frère, gros...siste en matériaux à Manakara règne aussi sur le secteur. Les prix annoncés me font changé radicalement de choix de matériaux. Les planches et tôles sont à une prix exorbitant (toute proportion gardée).
Un journalier gagnant 1500 A /jour devrait travailler 20 jours pour s'offrir une tôle ondulée!!
La construction se fera donc en matériaux du pays, à savoir: le rapaka (ecorce de l'arbre du voyageur) , falafa (bambou) pour les paroies, et feuilles tréssées de l'arbre du voyageur pour le toit.
Second avantage: une maison traditionnelle reveillera moins les jalousies...et puis, j'aime aussi la symboliquede l'arbre du voyageur...

Jeudi 12
Livraison des bois carrés, avec une semaine de retard. J'etais allé trier la première fournée de bois avec Patrice le charpentier (74 bois carrés de 4m et 6 autres de 3 m de plus grosse section pour les coins) J'y suis revenu jeudi matin pour ajouter 80 bois supplémentaires et profiter ainsi du même transport.
Négociations très ardue avec les dockers que le client doit lui-même payer. Repaiement de nouveaux dockers à l'arrivée.

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Les charpentiers commencent la taille des bois carrés

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Vendredi 13
Patrice, ses frères Dauphin et Honoré et son fils Odon, se sont mis au travailm à 8h. Les bois sont tracés et taillés au ciseau à bois. Les différentes parties de l'ossature voient le jour et sont marquées de repaires pour le fuur assemblage.
Myriam est repartie à Tana reprendre son travail. Snif, snif.....

Samedi 14
Je suis partis de bon matin avec les trois engagés pour le nivellement du terrain, les outils sur l'épaule, tels 4 nains partant en chantonnant au travail en l'abscence de Blanche Neige!! hohi hého..onva tous au boulot..!!!

Nous allons creuser le haut du talus d'un mètre supplémentaire sur toute la longueur , soit 15 m. Je pense que les maisons seront bien situées. J'ai hâte de voir ça!

Dimanche 15
Triage, achat et livraison de 50 planches supplémentaires. Malheureusement, elles sont brutes, le rabotage et le sciage devra se faire à la main.
Le rapaka pose quelques problèmes, il n'est pas de bonne qualité. Les feuilles du toit et le falafa ont eté commandés par Patrice à quelques personnes de son quartier.
J'espère que tout sera fini dans 3 semaines. L'astrologue a confirmé que mardi etait une journée favorable au commencement des travaux.
Alors, si les étoiles sont en plus avec nous...

Lundi 16
Fin du nivellement du terrain. Nous avons creusé 1 m supplémentaire pour augmenter la surface du terrain. Les charpentiers ont terminé la préparation des bois.

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Mardi 17
Rendez-vous de tout le monde , soit 8 personnes à 5h30 du mat.
Grosse journée en vue. Le programme est de monter dans la journée l'ossature des deux cases.
Michel, un autre chinois, qui dispose d'un camion assure le transport. En deux voyages les bois carrés sont transportés à proximité du terrain, puis transportés sur l'épaule.

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mercredi, 11 janvier 2006

Négociations

Problème de terrain.
La soeur d'Odile devait pourtant donner gratuitement à sa soeur une parcelle de son terrain, à l'autre bout de la ville. Cela nous avait enthousiasmé. Au moins là, pensait-on, les choses seront plus simples! Que néni..!
La soeur, lorsqu'elle apprit qu'un étranger allait construire gratuitement une maison , changea d'avis.
La jalousie a aussi cours à Madagascar. De plus, les problèmes de droit de passage, risquaient de compliquer l'affaire. De fil en aiguille, on appris que les soeurs des filles de la charité, congrégation alliée à l'ordre de St Vincent de Paul, disposaient d'un terrain.
D'un coup de "Hongda", une mauvaise copie chinoise de la firme nippone, nous nous rendons chez les soeurs. Notre projet reçoit un écho favorable et apparaît même comme la providence. Les soeurs avaient un projet de constructiuon mais ...pas de fonds.
Ce matin 3 janvier, nous nous rendions tous sur place. Le terrain, pentu est planté de manioc, mais après nivellement, devrait convenir.
Notre accord, laisse les soeurs propriétaires des 2 cases. Les bénéficiaires en auront l'usufruit, mais egalement l'aide des soeurs. Elles auront également la possibilité de travailler à la rizière de la congrégation.
Patrice, le charpentier, a établi son devis, le nombre de bois carrés de 12 et ceux de 8, de pointes de 10, de 5 , de targettes...et a demandé à l'astrologue le jour favorable au commencement des travaux.
Les cases, vu le prix elevé des matériaux , seront faites en matériaux du pays. Le toit en feuilles de "l'arbre du voyageur"!!, et les façades construites avec l'ecorce, doublé de bambou. Une veranda de chaque côté. Simples, mais jolies. Elles ne doivent pas créer de jalousie!!


Le transport des bois carrés a pris du retard et le début de la construction aussi du coup. Romain, le chinois de manakara, doit finalement livré les bois demain. le terrain est prêt.

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Soeur Marie-Paule, soeur Josiane, moi et Franklin, lors de la première visite du terrain

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Le terrain est pour l'instant planté de manioc

Meilleurs voeux de Vohipeno

La salle des fêtes accueille le bal du reveillon, mais la plupart des festivités se passent à domicile. Le rhum "fabrication maison" doit arracher quelques gorges asséchées. Le son de multiples radio-cassettes au volume plus fort qu'à l'accoutumée se répercutte de case en case, entraînant de furtives silhouettes éclairées par les lampes à pétrole fabriquées avec de vieilles boîtes metalliques de "Socolait", sur le rytme de "Jerr.y Marcos"

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La case de l'oncle Phil

Me N'Dria, veuve et mère de 4 enfants, sera l'autre bénéficiaire. Sa situation n'est guère plus enviable. Outre ses enfants, elle accueille également les 3 enfants de sa fille de 22 ans...abandonnée par son mari!

A l'occasion de fêtes, j'ai remis à chacune d'elles, un "pactole" de 10000 A (4 euros!)
Me N'Dria n'avait même jamais vu de sa vie un tel billet. Le salaire moyen d'un journalier est d'environ 1500 (environ 0,40 euro)

Le bonheur d'Odile

Lorsque nous arrivons près de la case sur les hauteurs d'une colline, conduit par le chef Joseph, personne ne répond à notre appel. Nous venons rencontrer Odile, une jeune mère de famille abandonnée par son mari. Le chef de quartier, pourtant lui-même peu fortuné, a eu pitié d'elle, et loue cette case, en aussi grande détresse que son occupante.
En regardant à l'intérieur, on ne voit rien. Il n'y a rien à voir. Odile a dû partir au village, glâner quelques restes, quemander quelques parcelles de nourriture. Il n'y a pas de marmitte et bien entendu encore moins de mobilier. Seuls au sol, des restes du fruit de l'arbre à pin. Et puis...nous aperçevons ce visage d'enfant. La gamine est blottie dans un recoin sombre, attendant le retour de sa mère. Le toit fût "jadis" un toit. Il est à moitié ouvert, et je pense aussitôt aux trombes d'eau qui sont tombées la veille.

Odile a été bien inspirée de rentrer à ce moment là. Nous nous installons sur le sol de la case, et lui parlons du projet que l'on a pour elle. Elle nous écoute, mais semble flotter sur un nuage. Voir un "vasaha" dans sa case est déja un évènement en soi, et surtout entendre ces paroles: "On veut lui construire une maison!"
Le temps est resté figé quelques instants. Un ange est venu s'asseoir sur une poutre. Je ne sais qui d'elle ou moi est le plus ému.
C'est ça!! Je suis venu jusqu'ici pour cueillir cet instant de félicité! Ce moment est magique et je reçois en plein coeur tout le bonheur de cette femme. Un rayon de lumière traverse le toit et eclaire nos deux silhouettes...

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Odile

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Anita

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mercredi, 04 janvier 2006

Dans la cour du roi

Jeudi 29, nous étions à 7h30 , comme convenu, dans la cour du roi. J'etais accompagné de Franklin et Ruffin.
Le roi est le gardien des traditions. Ironie du sort, l'antenne de telecommunication, une grande tour metallique, fût implantée non loin de sa case construite en materiaux traditionnels.
Nous pénétrons dans la case, saluons au passage les femmes. Je m'applique à faire les même gestes que mes accompagnateurs pour ne pas faire d'impairs. Nous avons laissé nos sandales à l'entrée et allons nous asseoir à l'Est près de la fenêtre, sur la grande natte. Les femmes, elles, sont à l'ouest, près du feu. Nous saluons le jeune roi, avant que les 2 vices-rois nous rejoignent, puis passons aux présentations et à l'objet de ma visite.
Mon projet ne semble pas voir d'objection. Deux autres femmes sont rentrées et sont venues nous saluer avant d'aller prendre place à l'entrée. La femme du roi donne le sein au dernier né près de la marmitte.

Franklin m'avait confié qu'il est d'usage de donner "un petit quelque chose" au roi. Je lui remis donc ma "dîme" (1000A) avant de le remercier et de quitter la case.

Il est 8h, le roi de ..."paille de riz" doit aller travailler à la rizière!
Bon, maintenant que toutes les autorités sont au courant, et ont donné leurs accords, va-t-on pouvoir se relever les manches et commencer enfin quelque chose?

Vohipeno

Côte Est, sur la route de Farafagana, à 43 km de Manakara, au bord de la rivière Matinana.
Quelques jours d'immersion au sein d'un village de cette région traditionnaliste. De nombreux fady( tabous) au cours ici. Pas un seul aboiement de chiens ne vien troubler la quiètude de la nuit, et pour cause...ils sont interdit de séjour.
"Le poids des traditions ancestrales est un frein au développement" souligne Franklin, le beau-frère de Myriam.
Plus au nord, vers Mananjary, certains fady sont horriblement cruels. Les enfants jumeaux sont tués ou jeter vivants à la mer!
J'ai bien entendu soumis à Franklin mon projet d'aide auprès des gens les plus défavorisés du village. Rendez-vous fût pris rapidement auprès des chefs des 9 quartiers que forment le village, dont 4 sur l'autre rive (la liaison se fait en pirogue. Des "taxi-pirogues" très utilisés notemment les lundi et vendredi, jours de marché.

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Joseph, le chef de quartier a pensé principalement à deux femmes , l'une veuve, l'autre abandonné, toutes deux avec des enfants à charge.

En 5 jours, j'ai déja rencontré tous les notables de la ville. Après les chefs de quartiers, j'ai rencontré Marc, le chef de district, le maire, et...le roi d'Ambohimanarive!

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bison fûté

TANA le 23 dec

Le taxi-brousse partant vers Farafangana a été purement et simplement supprimé. Les passagers ayant fait leurs reservations sont remboursés et doivent trouver autre chose, ou annuler leurs voyages. Les fêtes de fin d'année sont l'occasion d'un déplacement dans la famille, les taxi-brousse sont surchargés.
Myriam m'accompagne, ou plutôt devrais-je dire que je l'accompagne dans sa famille. Myriam, c'est le "coup de coeur" de cette aventure malgache. Nous échangions des mails journellement depuis plusieurs mois, et logiquement, nous nous sommes rencontrés à Tana.
Notre projet depuis lors, etait de nous rendre au village de Vohipeno, au sud de Manakara, où résident sa soeur Anna et son beau-frère Franklin.
Ce changement d'itinéraire n'est pas pour me déplaire, les quelques 24h de taxi-brousse programmés etsurtout la perspective d'être secouétel une bouteille d'orangina, surtout durant la dernière partie du parcours, promettait d'être éprouvante.
Prendre "l'itinéraire bis" pour faire le parcours en 3 etapes est plus enthousiasmant. Tana-Antsirabe; Antsirabé-Fianaratsoa; et la dernière Fiana- Manakara en empruntant l'unique liaison ferrovière ouverte aux passagers. Un très bel itinéraire.
Dimanche 25 déc, les deux wagons s'ebranlent lentement vers l'Est, il est 7h du matin. Nous egrenons les arrêts, spectacles colorés de gares routières au milieu de nul part. Deux cochons font de la résistance et ne veulent absolument pas être hissé dans le wagon. On leur a promis un voyage de fin d'année vers la mer, mais ils flairent l'arnaque! Le baby-foot est descendu à la même gare. Les 2 cochons sont-ils le montant du transfert? A la gare suivante , le déchargement des pupitres a demandé plus de temps. Là même où une jeune femme couchée sur un matelas fut hissé à bord. A l'avant dernier arrêt, un vieil homme, visiblement gravement malade, accompagné d'un jeune, pris lui aussi l'unique voie de secours vers l'hôpital de Manakara.
Avant la fin du trajet je remis discrètement au jeune, une aide de 30000 A pour les frais médicaux.
La mer est au bout des rails après 7 h de trajet. Il est 14h, une ruche de pousse-pousse, porteurs, attendent les voyageurs du train de ce dimanche de Noèl.

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lundi, 02 janvier 2006

internet galère

La note sera express.
la mise au point sera pour plus tard. en résumé:
je suis sur la côte à 43 km de Manakara. Après beaucoup de rencontres, de pourparlers, de visites des notables et...du Roi! le projet de construction de 4 cases est en vue. Les beneficiaires seront des femmes abandonnées par leurs maris( fréquent) , très pauvres, avec des enfants. Ces constructions sont pour elles un IMMENSE cadeau tombé du ciel. je vais donc rester ici 1 mois, jusqu'à la fin des travaux. Je viens en "ville" une fois par semaine. j'espère pouvoir vous donner le detail de tout ça une autre fois.
patience!
En attendant...bonne et heureuse année à tous!!!!

vendredi, 30 décembre 2005

nouveau E mail

Une petite note pour cette escale à Manakara, pour vous informer de ma nouvelle adresse email.
"Voila" est décidemment impossible à ouvrir ici!

ma nouvelle adresse:

philippe.jacq@yahoo.fr

merci à celles et ceux qui m'ont envoyé un message de bien vouloir m'adresser une copie à cette nouvelle adresse. a bientôt pour les nouvelles. la semaine prochaine. Il y a plein de bonnes nouvelles...

vendredi, 23 décembre 2005

nouveau départ

La côte sud est m'appelle. Je quitte cet après-midi même Tana. J'ai reservé ma place dans un taxi-brousse allant vers la région de Manakara. Environ 24h de voyage. Sans compter d'eventuelles pannes! je vais passer les fêtes au sein d'une famille malgache qui m'a invité. je pense rester environ 3 semaines dans la région avant de revenir sur les hauts plateaux.
La connexion à la grande toile du "oueb" sera-t-elle possible? les miracles existent, non? A bientôt.

Le père Noèl est une ordure!

Oui, c'est un dégonflé! Il ne va jamais voir les enfants des bidonvilles. Il prend pour prétexte que ces enfants sans souliers ne méritent pas sa visite, et qu'il n'y a pas de cheminées!

Alors , l'instant d'une matinée, je l'ai remplacé...pour le plus grand bonheur de ces élèves d'une école d'un quartier déshérité de la banlieue de Antannarivo.
L'habit de père noèl avait été cousu à la hatte, par une femme du quartier. Le père Noèl n'aura pas de barbe cette année. Il fait chaud, il a une excuse! et le coton ne tient pas! Un sac à dos fait office de hotte.

Quelques 300 enfants s'agglutinent dans l'etroite cour par classes, sous les directives des institutrices. Il y a ceux du matin et ceux du soir. Effectivement pieds nus pour la plupart. ..mais déja les yeux brillants. Et pour cause, c'est une première à l'école. Il n'y a jamais eu de goûter, et encore moins de père Noèl.
La distribution a lieu dans l'ordre, mais seulement après le petit discours de la directrice, du père Noel, la montée des couleurs, l'hymne national, et la prière... Cahiers, stylos, ballons gonflables, une voiture plastique pour les garçons, et petite poupée pour les filles, et un bout de gâteau à tout le monde.
Un petit rayon de lumière venu éclairer la cour de l'école, et le sourire des enfants.

...et si vous voyez le père Noèl, dites lui de ne pas oublier les enfants aux pieds nus!

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mercredi, 21 décembre 2005

Nous "voila" bien!

Juste une petite précision pour celles et ceux à qui je n'ai pas encore adressé de mails. J'ai souvent de grosses difficultés à aller sur ma boîte aux lettres "Voila"; et encore plus à répondre à un message. C'est le cas aujourd'hui. Je suis pourtant de retour à Tana. On pourrait espérer...
Ici, c'est aussi l'effervessence à l'approche de Noèl.
Je dois me mettre en quête d'un habit de père Noèl pour demain. La fête dans l'ecole primaire est prévue pour demain matin. Il y a 300 enfants. Le patissier doit livrer 400 gâteaux! ...et le père noèl portera sa hotte "sac à dos" (c'est la version "routard"). Ca promet!

vendredi, 16 décembre 2005

Bonjour de Tamatave

L'ancienne ville coloniale a toujours le regard tourné vers l'océan indien. Je la retrouve intacte. Comme ses consoeurs coloniales à travers le monde, ses bâtiments décrépis parlent d'une autre époque. Je suis arrivé ici jeudi après-midi par le taxi-brousse de Morangana. Une petite semaine sur la côte Est, loin du tumulte de la capitale, où je dois revenir le 20 déc, afin de préparer le goûter de noèl offert dans une école primaire d'un quartier défavorisé de la périphérie. Mais ce sera l'objet de la prochaine note...
Une cargaison de canards, juchés sur le toit, ont également fait le voyage. La relation avec mes compagnons de voyage fût aussitôt conviviale. Nous échangeames bonbons et litchies (c'est la saison. ILs sont vendus partout. Environs 100 A le paquet d'une douzaine de fruits).
5 heures de route plus tard,la gare routière de Tamatave est en vue, et c'est précisement à ce moment là, que les canards, certainement exténués, lachèrent leurs dernières forces en un jet de fiantes verdâtres et liquides sur la manche de la chemise (5 secondes plus tôt...blanche!) du propriétaire, ayant eu la mauvaise idée d'être placé près de la vitre ouverte. Fou rire du voisin!!
Le pousse-pousse sur lequel je suis grimpé, me conduit pour 1000 A, à la porte de l'hôtel Lionel.
Les communautés indienne, chinoise, et malgaches semblent vivre en bon terme au sein de la ville portuaire nonchalente, rythmée par les "arrivages" du port.

* Le "Channel n°5" "tombé du bateau"! (par l'intermédiaire d'un douanier) comme l'indique le revendeur qui m'accoste dans la rue, m'est proposé à 10 000 A (4euros!)

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* La location d'un vélo durant toute la journée me permet d'explorer les recoins de la ville, et de renouer avec "d'anciennes sensations"...

Veloma! (au-revoir!)